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vendredi 2 mars 2012

"Les sujets de l'abstraction"



Hans HARTUNG (1904-1989)
 T 1973-E 12. Acrylique sur toile (1973)
250 x 154 cm

Petite déception dimanche dernier, au Musée FABRE de Montpellier, lors de ma visite de l'exposition Les sujets de l'abstraction.

En effet et à mon humble avis, trop d'oeuvres méritaient à peine la moyenne.

La critique étant aisée et l'art difficile, je ne m'étendrai pas trop sur les faiblesses de la sélection exposée :

- des SCHNEIDER insipides. Ils le sont presque tous, hélas. L'un d'entre eux, bien terne et manquant de vigueur, a été choisi pour illustrer l'affiche, probablement pour des raisons politiques, l'artiste étant d'origine suisse, comme le propriétaire de toutes les oeuvres exposées, J.-C. GANDUR, qui les destine à un musée... suisse. Dommage ;
- trop de MATHIEU répétitifs (l'exemple même de l'artiste prisonnier de son système) ;
- une belle sélection de SOULAGES mais un peu "bouchés" : il y a mieux ;
- pas de POLIAKOFF ni de de STAËL majeurs.

Bref, si tous les grands noms de la "seconde école de Paris" étaient bien au rendez-vous, les toiles de ces artistes n'étaient pas toutes des chefs-d'oeuvre, loin de là. Des achats plus inspirés auraient permis au surtitre 101 chefs-d'oeuvre de la fondation Gandour pour l'art d'être pleinement mérité. Quel intérêt, par exemple, d'exposer quatre toiles moyennes et stylistiquement proches de MATHIEU ? Idem pour SOULAGES. Une seule aurait suffit...

L'exposition valait quand même le détour, notamment pour les véritables chefs-d'oeuvre que sont (dans l'ordre de mes préférences) :

- "Intérieur avec vue sur le port", du trop méconnu Gustave SINGIER. Cette grande toile (170 x 152 cm) de 1950 est vraiment l'une de ses pièces maîtresses. C'est mon coup de coeur de l'expo ;
- "T 1973-E 12", monumental (reproduit ci-dessus), "T 1950-22" et "T 1946-9" d'Hans HARTUNG, magnifiques ;
- "Paris, la nuit", une petite huile onirique de Viera DA SILVA peinte en 1951 ;
- et enfin "Polders enneigés", très grand (200 x 150 cm) paysage abstrait de 1956 d'Alfred MANESSIER.

Vous avez jusqu'au 18 mars prochain pour cela.

Jean-Claude GANDUR est un vrai collectionneur, éclectique, passionné et... qui a du nez. Cet homme d'affaires avisé a en effet bien choisi son sujet et "ramassé", certes un peu hâtivement (1), les oeuvres alors qu'elles n'étaient plus trop à la mode, la plupart des grosses fortunes étant plutôt attirée par des pièces plus contemporaines, de type "bling bling" (enfin plutôt "toc toc"). C'est ce qui arrive généralement quand on a beaucoup d'argent et une culture artistique réduite...

Un exemple d'achat à bon compte ? T 1973-E 12. Ce chef-d'oeuvre d'HARTUNG s'est vendu 138.000 € chez Christie's en 2005. Je m'en souviens très bien car il m'intéressait alors :-(. Encore mieux : moins de 45.000 € (en 2000) pour le SINGIER !

Des broutilles, comparées au prix de l'art actuel. Quand on pense en effet qu'un simple cliché trash de cette pauvre Cindy SHERMAN vaut dix fois plus qu'un SINGIER exceptionnel, on se dit que les marchands d'art qui soutiennent ce marché de dupes sont vraiment très forts et les collectionneurs (?) qui achètent ces oeuvres des andouilles.

Espérons que l'histoire de l'art remette un jour ces pros de la com à leur place et donne enfin leurs lettres de noblesse à des artistes plus authentiques et injustement oubliés, comme SINGIER, MANESSIER, BISSIERE et tant d'autres, pour ne citer que des abstraits.

Un jour, peut-être... car pour l'instant ce sont le marché et les prescripteurs "intéressés" qui mènent la danse, hélas.

(1) Je sais ce que c'est ;-). Il faut à présent "écrémer"...

jeudi 16 février 2012

Hans HARTUNG à Hong Kong


Une très belle exposition consacrée à l'oeuvre du peintre Hans HARTUNG ouvre ses portes aujourd'hui à Hong Kong.

C'est la première consacrée à l'artiste dans ce pays.

Hans HARTUNG est loin d'être un inconnu en Asie. Déjà exposé à Taiwan (1997), au Japon (1998) et en Chine (2007), il y est d'ailleurs très apprécié.

La de Sarthe Gallery ne présentera que des oeuvres de grandes dimensions et d'une qualité rare. La plupart datent du début des années soixante, période caractérisée par l'intervention gestuelle de l'artiste sur la couche picturale superficielle encore fraîche (et généralement noire) afin de dégager et révéler des signes sous-jacents lumineux, comme sur la toile figurant en tête de ce billet (titre et dimensions hélas inconnus).


Les visiteurs pourront également admirer des peintures plus tardives, comme par exemple T 1973-H 42, reproduite ci-dessus, une grande toile (111 x 180 cm) datant du début de la production du peintre dans son nouvel atelier d'Antibes (1973).

Un catalogue sera publié à l'occasion de l'évènement, qui durera 20 jusqu'au mars prochain.

Personnellement, j'ai un faible pour les toiles de format "à l'italienne" (oeuvres dont la largeur est supérieure à la hauteur). Des panoramiques synonymes de grands espaces, très appréciés par l'artiste à partir de 1960...